ENCRE

Il réside dans les dessins d’esquisse  et dans certaines sculptures volontairement laissées ‘inachevées” la puissance d’un geste spontané, libre et accidenté qui leur confère une force inimitable. Le souvenir du geste de l’artiste dans son ensemble y reste conservé intact.

Qu’une telle mémoire demeure perceptible, montre qu’il est des oeuvres qui habitent des durées, le temps de la fabrique y croisant le temps contemplatif du spectateur. Ces productions mettent en exergue tout à la fois deux réalités, celle de l’oeuvre achevée et celle de l’oeuvre irrésolue, comme retenue dans une matérialité en devenir.

A regarder de près les hachures d’un croquis, on constate que la main dépouillée de toute convenance trace avec majesté des traits d’une grande puissance. L’itération du geste libérant peu à peu la main de l’esprit est une piste d’exploration intéressante. Car si le sujet final n’est pas donné, il convient de guider avec justesse la matérialité des formes se densifiant sous l’accumulation des traits,

L’esprit libre s’invente au fil de ce processus un espace illusoire régi par des lois physiques improbables où naissent ces formes qui s’entrechoquent, se chevauchent, se superposent ou reviennent à rebours, laissant apparaître tantôt l’impact d’un choc, une perspective imaginaire ou bien de subtile transparence.

L’oeil du spectateur est invité à se laisser entraîner dans l’évocation d’une improbable réalité où viennent se faire et se défaire les sens qu’on lui prête.

COLLAGE

Dans ce travail de collage plutôt décoratif, il est simplement question de trouver dans des rapports de forme et de couleur une certaine harmonie.

Les formes superposées les unes sur les autres évoluent doucement vers une sorte de bas-relief ou les ombres portées font parties intégrantes du tableau.

Ces formes se font écho de par leur silhouette et leur couleur. Regroupées, ou bien mise à distance, elles concentrent leur dialogue sur la mise en tension de courbures ou de balancements qu’un jeu de couleur recherché vient équilibrer.

FURNITURE

On retrouve dans ce travail de mobilier la volonté de laisser le souvenir du geste spontané de l’artiste repris par la main experte de l’artisan. Inachevé ou achevé, qu’une telle mémoire demeure perceptible, montre qu’il est des oeuvres, des objets qui habitent des durées, où le  temps de la fabrique croise le temps contemplatif de celui qui l’aborde.