Ces composantes sont aussi à l’œuvre dans les sculptures de Salomé de Fontainieu, comme « Vaille que Vaille », qui témoigne d’une véritable ingéniosité en associant bricolage et précision constructive, programmation et aléatoire. Dans leur élancement vertical, elles jouent de l’opposition poétique entre la résistance du bois et la délicatesse de la plume. Les matériaux utilisés par l’artiste trahissent un refus d’emphase et de sophistication. Avec ses « Têtes », Salomé de Fontainieu opte pour une plus grande austérité en assemblant des tasseaux de bois noir suivant une ordonnance géométrique qui évoque celle d’une pyramide inversée. Ces œuvres que l’artiste aime qualifier de totems, tout en exprimant une grande puissance sont aussi d’un équilibre qui menace de s’effondrer à tout instant.

Privilégiant une certaine spontanéité, Salomé de Fontainieu n’aime pas imposer ou affirmer les choses. Ses œuvres, libres et fortes, sûres et fragiles, transmettent l’intangible : un état, un ressenti, une vision. Dans son approche intuitive de l’art, l’artiste invente à chaque fois une écriture plastique qui lui est propre, de manière à ce que ses créations soient en prise directe avec l’énergie et la vitalité qui l’animent.